J’ai eu la chance d’apprendre à cuisiner grace à Mimi. Pas tant qu’elle soit une cuisinière hors pair ou un chef étoilé mais son gout pour la bonne cuisine, simple et authentique, m’a donné les bases de ce que je connais aujourd’hui.
Son “ouh ouh ouh ouh ouh, ouh” (sur l’air de “bon anniversaire, nos voeux les plus sincères”) dans sa cuisine de Rixensart, les biscottes aux crottes de souris (au four, saupoudrées de sucre farine), le macaroni au gratin (de Mme Goossens) ou la fameuse blanquette de veau (qu’on embarquait avant de rentrer au kot a Bruxelles le dimanche soir)…sans tout ca je n’aurais jamais su cuire un oeuf, ni d’ailleurs en avoir envie (ce qu’il m’a valu mon seul et unique diplôme, “Traiteur, Restaurateur, Chef d’Entreprise”).
J’ai eu la chance d’hériter de son carnet de recettes, il est aujourd’hui un peu déchiré, mais on sent bien toutes les odeurs de la cuisine de Bourgeois.
Dedans, tout est rangé par type de plat: les potages, les viandes, les poissons, les legumes, … séparés par des etiquettes bien propres. Elle y a même cousu (oui oui, cousu) des pages qu’elle a piqué à un livre de recettes bourgeoises traditionnel.
Il y a une table des matières, pas toujours précise, des pages ajoutées et annotées, copies de recettes de ses petits enfants ou amis. Certaines recettes sont écrites sur des faire-part de décès (d’un coté, Mme Jacques Anneet et Mme Jean Hansses recevront après la cérémonie religieuse de 16h30 a 18h30 aux Eminettes, avenue Prince Baudouin 88, 1150 Bruxelles, et de l’autre, la recette de la brioche “Maison” ; le tout agrafé à l’enveloppe dudit faire-part sur laquelle elle a écrit la recette du cramique).
Certaines pages contiennent des menus, qu’elle aura assemblé avec ses propres recettes bien sur, le premier menu date du 3 octobre 1946. Il y a meme le prix total. Le 16 Janvier 1947 donc, Mimi aura préparé un potage aux pois secs, un souffle de macaroni, sauce tomates, et un boeuf “à la mode” accompagné de chicorée à la crème et de pommes de terre natures, suivi de tartelettes aux groseilles à maquereaux. Le tout pour 180francs (belges, et d’époque). Ils étaient sans doute fiancés et elle montrait déjà à Bon-Papa qu’elle savait non seulement cuisiner mais aussi gérer un budget.
Pour son anniversaire de 18 ans (13 février 1947), ils ont mangé pour deux cent francs de potage Compiégne, croutes à la Piémontaise, côtelettes de mouton (sauce Madère, rien que ça), et un gateau Mille-Feuilles.
En fin d’ouvrage, on trouve des notes utiles comme “comment reconnaître si le beurre est pur ou falsifié” ou comment nettoyer le linoléum ou Balatum, ou encore le poulailler, ou comment “faire une piece à-fond”, ce qui consiste tout simplement à dépoussiérer, aspirer, laver, dépoussiérer encore (l’éclairage cette fois, ensuite les meubles) puis cirer et passer la flanelle.
Bref, je tâche de retranscrire ici toutes ces recettes (je garderai sans doute pour moi les petits conseils de nettoyage, quoique peut être ils seront publies), et d’y rajouter les nôtres, comme le pavlova ou le gateau au yaourt.
Ca servira au reste de la famille, et qui sait, peut être cela inspirera d’autres petits enfants de se mettre aux fourneaux.
(on excusera l’absence de certains accents, sur un clavier QWERTY ce n’est pas toujours simple, ou de recettes en Anglais).
Merci Mimi.
